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    August 30

    Onze ans en arrière pour une grande claque en avant …

    Elle s’appelle Marlène. Nous avions 18 ans à l’époque. Tandis que tous les minots de cet age jouaient à touche pipi dans les dunes, elle, conformément à l’avance qu’elle avait sur les jeunes de son age, vivait l’amour au grand jour.

    Tout laissait à penser qu’il ne s’agissait que d’un amour d’été : la saison et son age, le surfeur qu’il était, la jolie môme qu’elle affichait d’elle, sensuelle et tellement femme à cet age …

    C’était il y a plus de dix ans. Elle n’ira pas au bout de ses études. Sur un coup de tête, Marlène partira en Australie épouser son rêve. Contre l’avis de tous, elle voulait le vivre. Quitte à brader ses incroyables qualités intellectuelles, à renier sa très, peut-être trop saine éducation en vendant des glaces sur les plages de Sydney.

    Quelques mois passèrent, la passion de son Australien aussi : lui n’avait finalement que 20 ans. Marlène est revenu en France, divorcée et honteuse sous les regards réprobateurs de ceux qui avaient tenté de la retenir et dont je faisais partie, comme un con que j’étais que je suis resté, ne vivant mes rêves que dans ma tête.

    Ne voulant se confronter à mon jugement, Marlène n’a jamais souhaité me revoir.

    Et cette nuit, 11 ans après, je l’ai revu. Sans raison, au hasard de mes déambulations oniriques, les brumes de ma nuit ont pris ses traits quelques instants.

    Elle n’était plus la jeunette bronzée revenue d’Océanie. Elle était la femme de bientôt 30 ans qu’elle doit être quelque part à ce jour. Précise, mon imagination la façonna avec le charme et la distinction acquis au cours des 11 années qui me séparent de son souvenir.

    « Mais que fais-tu ? Où en es-tu ? Marlène ! Que s’est-il passé depuis ton retour ? Que s’est-il passé là bas ? »

    Sans baisser les yeux, débarrassée de l’orgueil qui avait mis fin à notre amitié, elle me raconta que son rêve n’était que d’opaline, que les promesses de son jeune surfeur étaient faites dans le sable. Elle avait passé ces onze années à faire ce que son rêve l’avait empêché de faire : ses études, son entrée dans la vie et la société bien moulée. Elle avait appris à quitter le maillot pour s’engoncer dans un tailleur Chanel et faire ce que le monde attendait d’elle : qu’elle refoule ses rêves et qu’elle mette ses incroyables prédispositions au service du profit …

    Tandis qu’elle me racontait son périple, mes yeux qui n’ont jamais pu mentir exprimaient tantôt de l’envie, tantôt de la curiosité et tantôt cette putain de réprobation que je rejette pourtant et qu’empruntent les moutons face à une histoire qui n’est pas la leur.

    C’est alors que les rôles se sont inversés. Elle savait ce qui brûlait en moi.  Elle avait recueillie dans leurs moindres détails toutes les belles choses que j’avais ramené dans mon âme et dans mon cœur de mon premier voyage à Montréal. Elle avait brûlé avec moi, dans une passion commune, les planches de quelque théâtre. Nous avions déclamé ensemble du fond de nos tripes des vers que nous n’avons réellement compris que lorsque nous avons vu ce que nous procurions aux courageux venus nous écouter. Nous partagions l’art, la rêverie et l’évasion.

    C’est alors que Marlène, cette nuit, me fixa en reproche, appuyant ses paroles d’un regard lourd des sacrifices que j’avais fait. Ses mots furent fulgurant. Bien plus que les projets que nous échafaudions ensemble. Bien plus que les rêves que nous partagions. Cette nuit, Marlène m’a assassiné d’une seule phrase :

    « Quoi qu’il en soit, moi au moins, je l’ai fait … »

    August 08

    Et c'est parti

    C'est un retour aux sources que j'entreprends alors
    Après fuire en avant part de nombreux efforts
    Je reprends possession de mes esprits et corps
    Pour construire un demain qu'hier rendra fort

    C'est un retour à moi qui me pousse en avant
    Excité de revoir ce que je fus antan
    J'échaffaude en mémoire et en projets tentant
    Des souvenirs futurs et des demains d'avant

    Un pied devant un autre je me mets à batir
    Les pièces épurées de mon nouvel empire
    En tentant d'effacer de mes tristes soupirs
    L'envie déraisonnée d'en arrière partir

    Cette fuite en avant que j'ai expérimentée au cours de mes périgrinations récentes m'a permis de dompter l'attente. L'attente de ce jour que j'avais révé en novembre et qui sera réel bientôt. Dans trois jours. Une semaine au plus. En ma main les clefs. Le départ. Le réel premier jour du reste de ma vie.

    Ces rêves tumulteux qui déchirent enfin la grisaille d'une année d'attente, de consolidation. La fracture est enfin réduite. Je peux courir de nouveau. J'ai de nouveau la force. J'ai pris sur mes épaules les miasmes et dans ma tête cette espèce de fataliste patience mélée d'amer écoeurement pour laisser au temps le temps d'épousseter les résidus d'un coup de courage dont je m'efforce de faire preuve à nouveau depuis quelque mois.

    Ce que j'ai construit puis vu détruit n'est plus. Mais c'est avec les mêmes outils que je repose les premières pierres et qui me suivront jusqu'à la cime : fatalisme, courage, patience et persévérance. En attendant, c'est le peintre engagé par l'agence immobilière qui nettoie les miasmes laissées par les locataires précédent, histoire que je redémarre sur des bases saines ... J'ai décidé d'ajouter la chance et un certain niveau d'exigeance à mon building pack ...

    A plus tard


    June 26

    Besoin de ...

    Je ne sais quoi.
     
    Besoin d'un équilibre, besoin de légèreté
    Besoin de vivre libre pour pouvoir exister.
    Besoin de détacher d'un coup sec et violent
    Ces cordes qui me lient et qui gèlent mon sang.
     
    Je ne sais pas.
     
    Besoin de m'envoler, besoin d'accélérer
    Besoin d'aller très vite pour pouvoir exister.
    Besoin de délier d'un geste vif et franc
    Ces nattes mordorées qui hantent mes antants
     
    Je ne vois pas.
     
    Besoin de fuir un peu, besoin de m'oublier
    Besoin d'aller au fond pour pouvoir exister.
    Besoin de supprimer d'un souffle mugissant
    Ce passé qui m'étrangle de larmes et d'écœurement.
     
    Je l'entrevois.
     
    Besoin de cet exil, besoin de m'éloigner
    Besoin d'aller là bas pour pouvoir exister.
    Besoin de rompre enfin, d'avancer galamment
    Vers cette destiné à laquelle je prétends.
    June 16

    Educ Nat ... suite

    Je souhaite par ce billet répondre au commentaire de mon bien aimé Vanyar :
     
    Tu vois, toute la différence entre toi et moi réside là.
     
    Tu penses qu'il faut dégraisser le mammouth. Moi je pense qu'il faut le restructurer.
     
    Dans une entreprise, lorsqu'on entreprend un plan social, on ne commence pas par les suppressions de poste. ça, c'est la solution finale si aucune autre n'est admise.
     
    Un plan de restructuration commence toujours par un plan de sauvegarde de l'emploi.
     
    Lorqu'on se blesse à la jambe, contrairement au cheval de course pour qui la jambe est l'essence, on ne nous abat pas : on nous apprend à marcher sur une jambe et on nous dirige vers des activités pour lesquelles l'usage des deux jambes n'est pas nécessaire.
     
    C'est un tort d'amputer d'avantage l'Education Nationale. Elle n'est pas un sur-effectif. En revanche, bon nombre des effectifs de l'Education Nationale sont bien mal employés.
    Interrogeons les acteurs sur les missions qui leur sont confiées. En sont-ils satisfait ?
    Interrogeons les usagers sur la façon dont les acteurs remplissent leur mission. En sont-ils à la hauteur ?
     
    Bon nombre des dysfonctionnements dont tu parles (absentéisme, découragement, je-m'en-foutisme) trouveront leur origine dans une mauvaise attribution des fonctions. Tu sais, je suis sûr que contrairement aux idées reçues, 80% des profs qui se sont lancé dans la préparation du concours difficile qu'est la CAPES, qui l'ont obtenu après la selection difficile qu'il représente, ont, à la base, la vocation pour leur mission. La démission est venue plus tard. Monsieur de Robien devrait se fixer comme objectif de comprendre pourquoi et comment avant de trancher dans le vif.
     
    L'Education Nationale a un grand besoin de restructuration, de transformation, d'évolution. Mais la solution finale, ce sera pour plus tard si les gouvernements échouent dans cette mission.
     
    Merci pour l'intérêt sur ce sujet qui me passionne, m'interpelle et m'inquiète tant il touche l'évolution de notre pays ...
    June 14

    Toutes catégories ou hors catégorie ...

    Ce matin, la manchette de Bordeaux 7 parlait de deux sujets importants pour moi :
     
    Elle affichait une publicité pour l'inauguration grand public du site touristique de mon travail, ainsi qu'un gros titre racoleur "ROBIEN COUPE LES VIVRES AUX PROFS", puis "Le Ministre de l'Education Nationale a justifié hier la suppression de 8.500 postes dans les collèges et lycées en 2007 en expliquant qu'il s'agit d'un 'acte de gestion qui doit tenir compte des finances de l'Etat."
     
    Dans un cas pareil, si on veut garder son esprit critique, on se rue sur l'article pour replacer les termes dans leur contexte. On apprend donc que "La préparation du budget correspond à un acte de gestion qui doit tenir compte des finances de l'état" ... (pas pareil quand même) et que dans cette optique, la ligne "Education Nationale", lourde charge pour l'état, doit être inspectée au peigne fin ...
     
    Ceci étant précisé, on peut maintenant mesurer l'étendue des dégats qu'à provoquer cette nouvelle sur mon petit coeur tout mou.
     
    En effet, le poste Education National dans le budget accuse la plus haute perte (7133 emplois supprimés). Ceci dit, c'est aussi le plus gros employeur de l'état : assez peu élégamment, Monsieur ALLEGRE a un jour proposé de "dégraisser le mammouth", mais en fait il s'agit bien de réduire les effectifs de la plus grosses charges en terme salarial de l'état.
     
    En fait, avec 1.109.630 titulaires (sources education.gouv.fr), la baisse d'effectif est de 0,6468 %. (pour info la Défense accuse une perte un peu plus élevée de 0,6853 % de ces effectifs).
     
    Oui : les valeurs absolue c'est sympa pour faire de gros effets de titres, mais ramené en pourcentage, en fait, c'est moins spectaculaire.
     
    Ceci dit, l'Education Nationale est effectivement le poste qui va subir les plus grosses saignées. Hors, je pense qu'il est INDISPENSABLE pour que le pays sorte de sa crise sociale et économique qu'un effort colossal soit fait sur la formation des jeunes et notamment la formation professionnelle. En effet, l'Université sera épargnée par cette coupe franche. Ce sont les collèges et lycées qui vont payé les pots cassés de la paupérisation (un peu fort, mais moi aussi je voulais faire un effet de titre) de la France.
     
    A mon sens, c'est au niveau précisemment de ces secteurs négligés que se jouent les chances de notre pays : construction des acquis basiques nécessaires à une insertion professionnelle et sociale renforcée, orientation en cessant de dénigrer les formations techniques, technologiques et professionnelles au profit de formations éllitistes dans lesquelles bon nombre de futurs citoyens ne trouveront que désillusions, frustration et perte de temps.
     
    C'est à ce moment là que se joue l'identification professionnelle, que se dessine le plan de l'accession sociale. C'est pas à la fac qui n'interesse en fait réellement qu'une minaurité de personnes : même si tout le monde s'engouffre orgueilleusement dans la voie générale, flattant ainsi les objectifs fixés par l'Education Nationale elle-même, méprisant les secteurs primaires et secondaires, au final on réalise qu'une trés grande majorité des étudiants de première année de Lettres, Psycho, Droit ... se réoriente vers des fonctions qui n'ont souvent rien à voir avec leur projet initial.
     
    Certains secteurs en France sont même déficitaires en terme de main d'oeuvre : le bâtiment, la restauration ... sont autant de domaines dans lesquels les coups de mains se font rare. Ce n'est pas un echec dans l'instruction d'un enfant qui rencontre des difficultés scolaires de l'aider à se diriger vers ces secteurs là. L'echec, c'est de faire croire à un enfant qui rencontre des difficultés scolaires qu'il pourra toutes les surmonter, et les pousser à entreprendre des études qui ne lui correspondent pas et qui se traduiront tout bonnement par un abandon puis, bien souvent par une amertume un peu marginalisante.
     
    La décision de l'état confirme ce qui se passe d'une manière générale au niveau des ressources de notre pays : vampirisées, spoliées, abusées, celles-ci ne constituent pas, comme on a pu le croire, un puit sans fond. Notre système social est certe un des plus abouttis au monde, mais aussi un des plus couteux. Je me demande même si on n'est pas en tête des charts mondiaux.
     
    Basé sur la solidarité, ce système est censé accompagner l'individu dans chaque étape de son existence : Formation, Construction de la famille, maladie, chômage, retraite ...
    Ce système, pour diverses raisons (mauvaise gestion, gaspillages, abus, surévaluation des besoins, nivellement excessif) est en passe de s'effondrer. Ouvrons les yeux, il est de plus en plus difficile pour l'état d'envisager la possibilité, sur le long terme, d'honorer le système de retraite solidaire, l'assurance maladie est réformée tous les trois jours pour  en alléger les répercussions sur le budget de la sécurité sociale, et les droits des allocataires chômage sont rognés inexorablement par à-coups par l'UNEDIC.
     
    Devant l'effect coup d'epée dasn l'eau de toutes ces mesures, l'état cherche encore à réduire ces dépenses et s'en prend AU secteur à privilégier.
     
    Je pense à mon sens que la France doit comprendre qu'elle n'est plus viable en l'état. Si elle était immatriculée à quelque RCS, elle serait placée en redressement ...
     
    Il va falloir, pour conserver un modèle social décent, renoncer à certains acquis. J'en suis convaincu. Et même si mes convictions politiques me poussent à préserver au maximum ces droits, il faut se rendre à l'évidence : à vouloir tous sauver notre bout de gras, on finiera par tout perdre.
     
    Cependant, cet effort doit se faire dans la concertation franche et ouverte. Que le gouvernement en place cesse de balancer des coups de canifs à la toile sociale sans crier gare et sans en référer à quiconque. La démocratie, est-il besoin de le rappeler, implique que les personnes qui nous dirigent sont là pour représenter notre parole, et accomplir au mieux les plus raisonnables de nos volontés. Ils sont mandatés pour accomplir la volonté du peuple et non pour satisfaire leur égo en imposant en veto leur volonté propre.
     
    Les échanges entre "la France d'en-bas" et ses représentants élus NE DOIVENT PAS se faire sous les flammes, mais autour d'une table, avec, pourquoi pas, un bon verre de vin ;-) Et si chacun y met un peu d'eau (dans son vin ... lol), c'est la France qui gagnera ! lol En attendant, de telles nouvelles ont plutôt tendance à me pousser on my way to Québec ...
     
    Alors, maintenant, j'ai quelque suggestions pour faire des économies :
     
    - Plutôt que d'envoyer les délinquants derrière les barreaux, fournissons leur une truelle et une pelle : les TIG pourraient permettre d'alléger considérablement les frais d'entretien des routes, des structures immobilières de l'état ...
    - Essayons d'orienter intelligemment les étudiants de façon à ce qu'ils ne perdent pas un temps fou à la fac aux frais de la société
    - Encourageons le travail en rendant par exemple non imposable les sommes perçues dans le cadre de plans sociaux (cp, primes supra légales ...) pour les personnes qui retrouvent du travail, disons dans les trois mois. Pensosn biens ur dans ce cadre à encourager financièrement la mobilité professionnelle : C'est fini le temps béni où l'on passait sa vie dans le même trou. Maintenant il peut être nécessaire, voire vital, de changer de trou ...
    - Donnons la possibilité aux secteurs déficitaires en main d'oeuvre, de proposer des salaires attractifs en instaurant, par exemple, des taux de cotisations patronales inversement proportionnel au salaire ... Plus on paie le salarié, moins on paie à l'état. L'air de rien, ça doperait ces secteurs et ça permettrait aux courageux qui se lancent des ces secteurs en friche de vivre mieux que la moyenne ...
    - A terme, appliquer ces taux salariaux inversement proportionnels à tous les secteurs : ça permettrait à l'employeur de pouvoir motiver ses troupes, donc plus d'intérêt au travail, donc plus de productivité, donc plus de rentabilité, donc plus de richesse ... Et pour le salarié, bien sur, décoller un peu du raz des paquerette de niveau de vie dans lequel est plongé la masse depusi le passage à l'Euro et l'explosion de l'immobilier. C'est devenu un luxe d'habiter quelque part en France ...
     
    Bon. Des idées pelle-melle. Je pense que les Enarques et autres HECiens ne voient pas toujours les solutions les plus simples. Donc voila. Peut-être simpliste ? J'en sais rien. mais si on n'essaie pas, on ne saura pas. Allez, lancçons nous, on n'en est pas à un échec pres ... lol
     
    A +
     
     
     

    Point sur la situation

    Le fait d'envisager d'immigrer est une chose, le fait de s'envoler définitivement pour Montréal en est une autre. Entre ces deux étapes de l'immigration, un grand nombre de démarches jalonnent le chemin.
    Pour me permettre de poser mon projet, pour permettre à mes proches de savoir où j'en suis en temps réel, et enfin pour éventuellement permettre à des personnes de murir un projet similaire, je propose ici une "console de suivi" qui indique de façon synthétique toutes les étapes. Les étapes effectuées sont en rouge.
    1 - SE DOCUMENTER, PREPARER UN NOUVEAU VOYAGE D'EXPLORATION EN HIVER AFIN D'ETRE SUR DU PROJET
    2 - PASSER LE TEST D'EVALUATION PREALABLE A L'IMMIGRATION POUR RECEVOIR UN AVIS FAVORABLE, EN INSTANCE OU DEFAVORABLE SUR LE PROJET D'IMMIGRATION PAR LE Ministère de l'Immigration et des Communautés Culturelles du Québec)
    3 - (si avis favorable à l'EPI) DEMANDER LE DOSSIER DE CERTIFICAT DE SELECTION DU QUEBEC
    4 - PARTIR EN HIVER POUR REPRENDRE CONTACT (Janvier 2007)
    5 - REUNIR 490 $ ET ADRESSER LA DEMANDE DE CERTIFICAT DE SELECTION DU QUEBEC
    NB : Les étapes 4 et 5 peuvent être entreprises en même temps ou indifféremment l'une avant ou après l'autre.
    6 - (si dossier retenu) PASSER L'ENTRETIEN AVEC LE REPRESENTANT DU MICC (Ministère de l'Immigration et des Communautés Culturelles)
    7 - (si entretien concluant) GRACE AU CSQ, DEMANDER LE VISA DE RESIDENT PERMANENT. POUR CE FAIRE :
    - A) REUNIR 490 $
    - B) ACCOMPLIR AVEC SUCCES UNE VISITE MEDICALE
    8 - (si visa obtenu) REGLER LES AFFAIRES COURANTES EN FRANCE, QUITTER APPARTEMENT, VENDRE VOITURE, DEMISSIONER ET PARTIR AVEC AU MOINS 2750 $ EN POCHE (MINI POUR VIVRE LES 3 PREMIERS MOIS EXIGE PAR LE MICC)
    Entre l'étape 5 et l'étape 8, il peut se passer jusqu'à un an. Les chances d'un français d'obtenir le CSQ sont importantes. Le projet est tout à fait viable. Il faut l'aborder avec sérénité, sans excés de confiance ni emballement. L'essentiel n'est pas le temps que ça prendra mais le bon abouttissement des démarches. Et les délais relativement longs entre toutes les étapes permettent de préparer chacune d'entre elle avec le plus grand soin.
    Partir vivre à 7000 km est une décision capitale. On doit l'aborder avant tout la tête froide.
    Une fois débarqué à Montréal, il faudra tout recommencer. Mais ça c'est une autre histoire ...
    June 08

    Changement structurel ... Et HOP !

    Bonjour à tous,
     
    Bon il est temps que cet espace s'organise un peu ... Alors au gré de ce qui se passe dans la vie, ce blog trouve enfin son identité structurelle.
     
    Dans un premier temps, il passe de nouveau public. Après tout, n'en déplaise à qui que ce soit, I am what I am, mon blog est mon reflet, et si des personnes ne m'apprécient pas tel que je suis, je n'y peux rien ... Donc fi de se cacher derrière la protection de MSN, cet espace est officiellement et définitivement public.
     
    Les billets s'articuleront autour de 3 thèmes :
     
    - On my way to Quebec (vous comprendrez en lisant le billet incipit de la catégorie) ;
    - Au gré de mes divagations (où je vous parle des trucs qui me plaisent, des rêves que je fais, des endroits où mon imagination me guide pour mon plus grand bonheur)
    - Mon petit coeur tout mou (Merci Olivia Ruiz ... où je m'épanche sur ma pôôvre petite existence ...
     
    Je m'occtroie la possibilité de classer certains billets dans rien de particulier, comme celui-ci d'ailleurs.
     
    Donc ennième bienvenue sur cet espace
     
    A bientôt,
     
    Mathieu
    June 04

    Le tumulte dans les rèves

    Le nuit dernière fut riche. Au hasard d'une rencontre, à la surprise d'une soirée qui s'annonçait banale et qui offrit bien plus qu'elle ne le laissait supposer.
     
    Son regard bleu saphyr bloqua sur moi, et, en deux mots, elle perça mon intimité dans ses tréfonds.
     
    Comme s'il s'agissait d'un échange annodin, elle retraça en quatre temps les grandes lignes des événements de ma vie qui m'ont fait tel que je suis.
     
    Elle termina en ravivant mon rêve le plus fou et mon projet le plus ancien. Sans le savoir, sans me connaitre, elle marqua son empreinte sur l'étendue blanche que j'imaginais voir à ma fenêtre six mois par an dans les plans que je tirais sur la comète de l'avenir que je souhaitais m'offrir.
     
    Alors que j'avais passé six ans à accepter que ce rêve était trop grand pour moi, alors que j'avais renoncé à Montréal comme on se dit que ce dessert n'est pas raisonable, elle me laissa penser que je me trompais. Elle viola mon esprit pour en extirper ce renoncement inaproprié. Elle me rendit visible à nouveau ce qui étaiet enfoui. Tout le blanc onirique caché par une pellicule vieux-rose déposée là par le hasard d'une autre rencontre qui m'avait hypnotisé de bonheur pendant de nombreuses années.
     
    La nuit qui s'ensuivit fut mouvementée. Dans un étrange sommeil initerrompu, mon esprit s'est réouvert à cette ancienne possibilité qui s'oofrait encore une fois à moi, aussi ennivrante et rassurante que jadis. Comme s'ils n'avaient jamais cessé d'exister dans mes entrailles, mes desseins me revenaient en boomerang comme des évidences, plus plausibles et attaignables que jamais.
     
    Cette offre à portée de main, je me reveillai le sourire aux lèvres, comme si je m'étais endormi il y a longtemps, et que l'évidence du travail que j'avais à faire pour accomplir ma destiné ne s'était jamais mis en veille.
     
    Je sais par expérience la dureté des épreuves à venir. Je sais le risque que je cours à tenter, dans un ultime soubressaut pour moi, de toucher du doigt cette aventure.
    Mais depuis cette époque d'insouciance, bon nombre d'épreuves qui ne m'ont pas tué m'ont rendu plus fort. Et c'est cette force, et les partis tirés de mon expérience que je vais utiliser pour me lancer à nouveau dans ce rêve, avec ténacité et tempérance.
     
    Souhaitez moi bonne chance ...
    May 31

    Petit clin d'oeil

    Don't worry, je n'ai pas viré folle hystérique ... Et le thème tapette n'est que temporaire ...
     
    J'avais juste un clin d'oeil à faire à qui saura se reconnaitre ...
     
    A +
     
    H
    May 10

    Ballade en altitude

    C'est avec arrogance que cette église m'a guidé sur les hauts de ce village de l'Entre Deux Mers.
    Rien de grandiose. Rien de sculpté. Pas de gargouilles gigantesques ni de clocher brandi. Juste un amas habile de pierre blanche, une charpente grossière de bois brut, quelques tuiles aux couleurs hasardeuses et une putain d'audace qui dit "Monte ici si tu l'oses".
    Relevant le défi de cette caractérielle, j'ai cherché un endroit dans le village pour garer ma voiture, et je me suis enfoncé dans l'escalier qui gravit le promontoire sur lequel elle est perchée.
    L'église est entourée de ses Morts. La curiosité qui peut être macabre me pousse à lire ces témoignages du passé que sont les pierres tombales. Les prénoms ... Henriette ! Haha ! Les âges au moment du grand départ ... Même pas un an ! Quelle tragédie ! Un frisson me parcourt la colonne. La peau à vif, je détourne le regard de cette trop petite sépulture qui me ramène à mes propres trop jeunes fantômes, et je me lance dans la rencontre avec cette vieille bâtisse qui me toise à présent.
    Elle n'est pourtant pas grande, mais de tout son âge et de toute sa sagesse, elle me fait baisser les yeux.
    Je passe à présent ma main sur la pierre qui dévore le soleil de mai. Il reste encore des traces d'un maçon maladroit qui avait voulu emmurer le calcaire sous une couche de ciment. Heureusement, la pierre millénaire a rejetté cette greffe hideuse et repris sa position dominante sur le village.
    Au contact du matériau friable, ma main commande à ma tête une pause. Une évasion.
    La rugosité et la friabilité sous mes doigts se font alors douceur et fermeté. La pierre blanche en mes sens trouve la rondeur des moëllons de la bergerie que nous louions losque j'étais enfant.
    Ma vue se brouille. Aussi, la butte devient-elle le flanc du mont des Pyrénnées où pendouillait notre villégiature.
    Je revois la pente abrupte, tantôt verdoyante et sauvage, tantôt immaculée et majestueuse au rythme des saisons. Les fenêtres vaines du grenier où nous dormions, encerclées de buée et de neige, étincelante des rayons du soleil.
    Je ressents le picotement vif du froid de cette chambre de fortunes où le vent d'hiver s'engouffre par les plaies de la toiture d'ardoise, le démangeaison des piqûres d'insectes de ces hauteurs, contractées dans la prairie en contrebas.
    J'hume le feu de bois qui crépite depuis deux cents ans sous ces poutres boucanées, l'odeur de l'âne et des moutons dans l'enclos du jardin.
    Les souvenirs d'enfance, aussi clairs que la vraie vie. La chutte sous la neige dans la pente de la montagne. Les bancs dans la cheminée où nous passions nos soirées ...
    Et où est passé tout ça ? Où est en moi ce gosse qui aurait pu vivre là ? Qu'ai-je fait de mon âme ?
    Je l'ai troquée contre pas grand chose.
    Un petit bout pour ce beau mec accoudé au bar, avec qui je passerais bien la nuit. Un petit bout pour des lunettes Police. Encore un petit bout pour un parfum Chanel, un sac Longchamps et une chemise Versace.
    J'ai dû brader le reste pour un appart en ville et quelques verres en boite.
    Et voilà ! Je suis là, vide, à me dire "Et merde" et à remplir mon coeur et essayer de remplir le vôtre de ce qu'il y a de meilleur dans la Vie : un feu de cheminée, le rythme des saisons et un banc pour partager tout ça avec ceux que l'on aime.
    Et puis à la fin de tout, au moment de mon grand départ, par pitié, ne me laissez pas ternir sous les pots d'échappement. Au lieu de ça, ben tiens !, envoyez moi faire un tour entre Henriette et cette môme d'un an ...
    April 05

    Réver avec les éléments

    L'eau glacial de mars fondait des nuages pour se faufiler entre mes cheveux, entre mes cils, entre mon col et mon cou. Elle m'empéchait d'y voir clair dans la grisaille. Elle gelait mes épaules et le haut de mon dos. Elle dégoulinait en torrent le long de mon visage. Elle ne disait rien.
     
    Avançant dans le gris de la ville, sous le gris du ciel, je permettais à des pensées colorées de tenter en vain de se frayer un passage dans le gris de mon âme.
     
    Les murs en cloitres protecteurs défilaient à mes cotés sans que je n'y prenne garde, m'efforçant d'apercevoir l'arc en ciel dans mon environnement isolé.
     
    C'est alors que la pluie redoubla ses efforts. Elle martelait sur le sol un rythme saccadé qui guida alors mes pas et mon évasion.
     
    Résigné, je m'assis sur un banc pour donner un sens aux éléments et laisser mes pensées me guider, passif et emmerveillé.
     
    C'est alors que nous nous sommes croisés.
     
    Les gouttes ressérées se sont concentrées. Elles se sont enlacées pour créer son image. En fontaine, elles ont dessiné d'abord la silouhette de sa tête, son cou et ses épaules accueillantes. Glissant alors le long du vide, elles ont créé du néant la forme de son corps. Un torse fin et sculpté. Des bras moulés en statut. Des jambes longues et marquées.
     
    L'amas d'eau pris forme sous mes yeux. La pluie n'était plus hostile. La forme s'est approchée de moi. Elle se gonflait de vie et de chaleur à mesure que ses pas la guidait vers mon réconfort.
     
    L'homme a présent ému, dans toute sa transparence, me serra dans les bras, faisant corps de son corps d'eau pour protéger mon corps de ses soeurs esseulées. Telle une cascade de sensualité, je sentais la carresse purifiante de son regard liquide. Je priais pour que le soleil restât caché quelques minutes encore, pour laver mes grisailles à l'eau de cet homme.
     
    Je me sentais à présent en harmonie avec ce corps fluide. Les éléments, la lumière, les pensées n'avaient plus d'emprise sur moi. Je m'évadais à l'étreinte de cette pluie.
     
    Je me reveillai alors.
     
    La pluie avait cessé. La ville était redevenue blanche, et le ciel un peu bleu. Le soleil croyant faire bien avait réussi à crever les nuages et à mettre fin à ma réverie.
     
    Je reprenais goût à la réalité, gardant sur ma chemise collée à ma peau le souvenir de ce voyage avec la pluie. Je constatais que la lumière avait changé. Et mes pensées aussi.
     
    J'adressai à la flaque à mes pieds un sourire et repris mon chemin dans une réalité colorée, chaude, qui évapora au fil des heures les traces de ma symbiose avec le temps.
    March 25

    Attendre quelque chose, les yeux grands ouverts

    C'est une heure pour dormir. C'est une heure pour oublier. A 3h50, je devrais avoir les yeux fermés sur une piste surpeuplée ou dans un sommeil amnésique. La tête vide et les sens anesthésiés par les endorphines ou l'alcool.
     
    Et je suis là. Perdu dans mes insomnies. J'attends que quelque chose se passe. J'aspire à ce que quelque chose me retire de ma vie un peu morne. Un peu vide. Un peu seul.
     
    Je  suis passif face au temps qui s'égrène, jusqu'aux échéances proches et pourtant si lointaines.
     
    L'excitation de ce qui pourrait bien être un virage. Est-ce la rencontre prévue aujourd'hui qui pourrait bien me libérer de mes monologues ? Est-ce l'entretien prévu lundi qui pourrait bien me libérer de ma frustration ?
     
    Je ne sais même plus ce qui me tient éveillé malgrè moi. Je ne sais même pas quelle idée fut assez forte pour me tirer du sommeil il y a une heure et m'empêcher de me rendormir depuis.
     
    Alors je lis un peu. J'écris un peu. Je pense à ce qui pourrait m'arriver de mieux, tout en m'attendant au pire. Pour ne pas tomber de haut, une fois de plus.
     
    Je vais maintenant reprendre un livre. Tenter de fermer les yeux. Aurai-je recours à un substitut chimique ? Demanderai-je à une mollécule de me libérer de mon éveil ? Je ne pense pas.  Je vais essayer de vider ma tête sans artifice et attendre, les yeux fermés, dans un sommeil amnésique, que ma vie change un peu.
     
    Bonne nuit.
    March 18

    Et chercher une raison d'être là ...

    Il est long à arriver cet ami. A chaque fois que son arrivée est proche c'est la même chose. Je trépigne. Je tourne. J'ai un poing sur la glotte qui m'empêche de déglutir. Je ressens l'appréhension de nourrir à nouveau le sentiment très fort que j'ai pour lui et l'impatience de sentir contre moi son étreinte sincère, et de partager quelques temps son regard bienveillant, son humeur enjouée et ses mots appaisants.

    Nous avons décidé d'être ami. C'est ainsi que je me dois de considérer ce bijou de tendresse, et retenir entre nous cette complicité filiale qui nous est tombée dessus instantanément.

    On est content de se voir. Il trépigne à son tour. Comme je m'y attendais, mue par sa jeunesse et sa faim de vie, il veut sortir. Il veut marcher sur les traces de son passé. Il veut se confronter à notre réalité, quelques années plus tard. Le Pollux en son temps accueillait tous les fétards du coin. Gay ou hétéro, chacun trouvait son compte dans l'ambiance presque niaise qui incendiait les deux étages de l'établissement.

    Et ça s'en est allé. Paris, Toulous, Montpellier ou Lyon, d'autres villes ont volé à Bordeaux son âme nocturne. Et cette désolation n'a pas échappé à mon tendre ami. Il regarde autour de lui la platitude du lieu. Il cherche des yeux une accroche au passé. Une têt connue avec qui il aurait pu échanger sur une époque qu'il voudrait revivre un peu ce soir.

    Rien. Les souvenirs sont aussi vide que la boite ce soir. Il danse un peu pour donner le change. Je n'ai pas cette indulgence. Un copain nous rejoint, nous offrant une récréation dans la déception du petit garçon que je couve du regard. Ensemble, on se met à chercher une raison d'être là  ...

    La soirée s'étire un peu plus dans la musique vide de vibration et dans notre verre de whisky.

    Il est temps de rentrer. Il me tarde d'arriver. Mon échange avec lui n'aura pas lieu sur un dancefloor. Tant que je ne serai pas débarrassé de ce pinsement en pensant à ce que nous pourrions vivre lui et moi, on ne pourra même pas partager le jeu de la séduction. Et lorsqu'on sortira, on continuera à chercher une raison d'être là ...
    March 13

    Le printemps précède l'été

    Bonjour,

    Ce matin j’ai écouté ce petit air qui a fait ressurgir tant de choses. Des images du passé. De belles images d’Epinal. Des monochromes tendres et sensibles que je garderai toujours pas loin.

    Comme ce petit garçon que j’ai croisé. Mon premier amour. Ce matin même, profitant du premier jour de la fin de l’hiver pour se rendre au travail à pied.

    Je n’ai pas voulu prendre non plus le chemin bitumé de la rocade. J’ai préféré traverser le centre pour m’imprégner de son âme. Il fait si beau. On a le temps de vivre.

    Et j’ai écouté ce petit air qui a fait ressurgir tant de choses. Des images du passé. De belles images d’Epinal. Tandis que les notes cristallines de « No Surprise » envahissaient ma tête, tandis que le soleil candide du presque printemps faisait fondre la couche de glace laissée en moi par un hiver de solitude, les monochromes tendres et sensibles se coloraient de leur réalité. Tandis que cette musique doucement mélancolique m’emportait loin derrière, j’avançais dans ce quartier qui avait été bercé pour moi par ces notes.

    Le souvenir alors m’a décalqué. J’aurai voulu m’arrêter. Descendre de cette voiture qui me conduisait presque malgré moi vers mes obligations. Vers ma réalité. Vers aujourd’hui. J’aurai voulu glacer le temps. Figer ce passé monochrome, tendre et sensible. J’aurai voulu m’allonger sur les pavés de Saint Paul et percer de mes yeux les murs des donjons de mon bonheur. Me laisser emporter par l’euphorie et l’ivresse de ces souvenirs, de cette respiration, de ce printemps dans ma vie.

    Change de musique. Pas de langueur. Cligne les yeux. Stop. Regarde devant. Ces images sont ternes. Arrête ! Arrête !

    Et tandis que je m’éloignais de ce passé monochrome, tendre et sensible, tandis que je m’approchais de mes obligations, de ma réalité, d’aujourd’hui, j’ai déglacé le temps. Tandis que les notes cristallines quittaient mon âme, les belles images d’Epinal redevenaient monochromes. Tandis que je me libérais de mon passé, mes yeux laissaient couler l’émotion de ce voyage au fond de moi.

    Mon passé, celui-ci est chaleureux. Mon présent est ouvert. Et il est temps que je bâtisse d'autres souvenirs. Un présent à ma hauteur. De belles images et une jolie musique cristalline.

    February 26

    Tendre tranche de vie.

    Alors que l'eau de la douche efface sur ma peau les derniers témoignages de sa présence, je repense à cet étrange appel. Ce message vendredi soir. Cette fiche sur internet d'un jeune homme qui ne voulait qu'un calin.
     
    Une réponse. Un échange. Au milieu de la nuit, alors que j'avais passé la soirée avec des amis qui avaient tous mieux à faire à deux qu'à prolonger interminablement la fête, j'ai voulu ce que ce garçon voulait. J'ai pris ma voiture pour partager sa nuit.
     
    Tous nos sens en éveil, nos deux coprs ont fait connaissance en étreintes, carresses et morsures. Chacun de nous a inspecté l'autre sans que nos mains ne se détachent, sans que nos bras ne se desserent, sans que nos regards ne se quittent.
     
    Le matin en rayons assassins nous a reconduit dans la réalité de nos obligations. A travers la fenêtre de sa chambre, le soleil sonnait le glas de notre escapade dans ce que nous oublions chaque jour un peu plus.
     
    Une nuit blanche, un sourire, un café en guise d'adieu.
     
    Un samedi le sourire aux lèvres. Remerciement d'avoir été aussi intime cette nuit là. On a partagé nos corps mais aussi nos coeurs.
     
    L'épuisement a eu raison de moi très tôt samedi. Je quittais mon couple d'amis favori tôt. A minuit, alors que je m'apprétais à revivre en souvenir cette virée furtive dans la vie de couple, il m'a recontacté. Un nouvel appel par sms. Quelques mots pour me dire que lui aussi avait passé la journée en souriant.
     
    Nous nous sommes rejoints. J'ai réintégré ma place temporaire entre ses bras. Comme des maris par intérim, nous nous sommes endormis enlacés. Fort. Retenant de toutes nos forces ce que nous avons perdu et recherchons depuis en vain.
     
    Le dimanche a été domestique. Toujours soudés, nous avons partagé notre vie de tous les jours. C'est seulement tard dans l'après midi que nous avons mis un terme à notre réverie.
     
    Ce n'était pas lui. Pas le bon moment. Pas la bonne personne. Juste une délicieuse plongée en amnésie. Juste un avant gout de ce qui nous attend chacun de notre côté. En tous cas, je veux lui dire merci. Merci pour cette tendre tranche de vie.
    February 18

    Mais qu'est-ce que vous faites ?

    Bonjour,
     
    Cette nuit. Une virée. Avec un ami, son mec et un de leurs amis lui aussi en couple mais célibataire pour la soirée.
     
    Après un début de soirée autour d'une table et d'une bouteille de vin, tout el monde se décide à aller bouger un peu, histoire de ...
     
    Rien de plus que ce que l'on peut attendre d'une nuit sympa en boite : la tête vidée par la musique expansée, quelques verres, quelques regards volés, quelques potes, quelques connaissances, quelques inconnus prometteurs ...
     
    On n'e reste pas là. Sitôt les lumières crues de la fin révélées, sitôt l'envie de se retrouver plongé en amnésie quelques instants de plus, histoire de voir si la musique à cette heure ci a conservé son pouvoi et si les inconnus en oeillades tiendront leur promesse ...
     
    L'after surpeuplé. La faune défoncée, les dechets de la nuit. Des robots extasiés bougeant par soubresseaux sur le rythme saccadé. Bousculés, piétinés, la foule oppressante et epileptique est insupportable : nous avons été raisonnable.
     
    Je veux partir. Mes trois compagnons ne se sentent pas très bien non plus. Au moment où je leur fais part de mon départ, ils ont trouvé la solution. Un gars au chapeau blanc leur a vendu trois cachets. Avec ça ils devraient supporter l'agression du divertissement.
     
    Je me suis mis en colère. Tandis que mon ami récupérait leurs affaires dans ma voiture, je lui ai dit :
     
    "Mais qu'est-ce que vous faites ? Vous êtes là, amoureux ! Profitez de ça ! Allez prendre un vrai morceau de bonheur dans un lit ! Collez vous l'un à l'autre ! Vous êtes tous les trois en couple ! Vous ne vous rendez pas compte de votre chance ! Vous n'avez pas besoin de paradis artificiel, pas besoin de prolonger à tout prix la soirée sous peine d'être seul !"
     
    Il m'a donné raison. Oui, c'est moi qui suis dans le vrai. Ok.
     
    Il m'a dit aurevoir et s'est probablement enfilé son exta pour se mettre dans le même état que tous les géneurs de cette gargotte.
     
    C'est formidable de continuer à sortir et à s'amuser, en couple. Je l'ai toujours fait. Mais finalement est-ce que le meilleur moment ce n'est pas quand on rentre et que les bousculades sont faites de sensualité et d'ardeur, de désir et de plaisir.
     
    Mais qu'est-ce que vous faites ?
    February 14

    Et le vent passe sur la chandelle

     

    Bonjour,

     

    Si je n'ai pas écrit depuis quelques temps c'est que mon actualité ne me le permettait pas ou que mes propos étaient trop personnels, intimes et profonds pour trouver leur place ici.

     

    Les pansements que j'attendais semblent s'éloigner de moi. L'alcool de mes plaies s'évapore avant même d'être entrer en contact avec ma douleur.

     

    La sensation de trahison maternelle s'accroît tandis que se creusent les ressources financières. Tandis qu'avec les euros s'envolent les projets. Les projets d'un chez moi qui m'obsèdent de plus en plus et qui semblent aussi flous et irréalistes qu'une visite dans une chocolaterie enchantée. Cette douleur d'entendre ma mère se dégager de ses responsabilités et me laisser nager seul dans le lac de merde dans lequel elle m'a poussée alors que sa main aurait dû me retenir.

     

    Puis on relativise. Il y a plus grave. Mon frère, ce rebelle au cœur énorme. Ce grand con qui n'a jamais eu de cadre mais qui se serait coupé un bras pour nous. Qui a en tout cas déjà laissé des plumes. Son univers sans règles a été dissipé. Pour une succession de délits mineurs sur la route, il est parti sur le champs. Quelques heures en préventive puis la rencontre avec un procureur qui a voulu marquer son esprit. C'est fait. Un week-end à la maison d'arrêt au milieu de vrais méchants. Il a eu peur. Et moi aussi. Peur de ne plus le voir avant longtemps. Peur de ne plus le voir comme il était en entrant. Peur de ne plus le revoir du tout.

     

    Et une autre urgence. Son fils. Ce gamin de 4 ans dont la mère n'a jamais pu s'occuper correctement. Pour qui mon frère payait tout. Ma sœur et moi nous sommes mobilisés pour prendre la relève. Au cas où ... Renonçant à une partie de nos vies pour assumer la sienne.

     

    Un week-end d'angoisse, de doutes, face à de nouvelles peurs, des responsabilités qu'on n'a pas forcément choisies, qu'on n'est pas forcément prés à assumer.

     

    Puis la clémence de la justice. Mon frère au prétoire, encadré de deux flics, sans que ne soit faite la moindre distinction entre lui et un vrai malfaiteur. Je n'amoindri pas sa faute et sa responsabilité. Mais il n'est pas méchant. J'ai vu sa peur. Il a l'air pommé. Sonné lorsque la juge prononce la peine et lève le mandat de dépôt. Il est libéré mais je crois que dans la salle publique d'audience, en suis le seul à avoir compris qu'il sortait.

     

    On est allé le chercher. Deux heures d'attentes avant que les portes de la prison ne s'ouvrent sur lui. Il est terrorisé, ça se voit. Toute la colère, les crises de larmes plus ou moins contenues, l'angoisse du week-end, le poids de ses actes sur la vie de son entourage, j'ai tout voulu lui foutre dans la gueule. J'ai vu en le regardant que ce n'était pas la peine. Mon frère sortait de prison dans un état de délabrement intérieur similaire à ce que j'observais debout, en colère, à l'intérieur des murs de la bâtisse.  

     

    Il est confiant maintenant. Se niant probablement le risque que le juge d'application des peines soit moins clément. Se niant aussi qu'il court encore un risque en avril pour des faits similaires. Il pense que nous n'aurons jamais à payer pour son ange.

     

    Malgré un immense soulagement, je sais qu'il a encore une épée de Damoclès au dessus de la tête. Je sais qu'il n'est pas sorti d'affaires. Je n'arrive pas à me défaire de mon angoisse. Je n'arrive pas à me nier ce qu'il se nie. Je ne peux que profiter du sursit pour assurer les arrières, préparer l'éventuel, pour ne pas être une fois de plus pris en traître par le destin comme ce week-end.

     

    Que tout cela se passe au mieux et que la peur qu'il a ressenti dans ses murs le paralyse, une fois pour toute
    January 26

    Hier soir, Ang Lee m'a raconté un secret ...

    Celui de Brokeback Mountain.
     
    Le western revu par les studios Falcon, le film Eau-de-Rose à outrance, l'histoire nunuche de deux pédales honteuses, la merveilleuse histoire d'amour de deux destins déchirés, le film émouvant de l'année, une évasion des sens dans un cadre ennivrant ... Tout ça c'est la même chose. Mais comme je le dis souvent la Beauté et dans l'oeil de celui qui la voit.
     
    Qu'est-ce que c'est que ce film en fait ? Doit-on aimer ou detester ? Peut-on suivre le réalisateur et les acteurs dans leurs envolées épiques et sentimentales ou reste-on plus ou moins confortablement cloué au fauteil du cinéma ?
     
    Je ne me fie pas aux critiques. Le thème titillait ma curiosité de midinette, j'ai fait le déplacement.
     
    Je vous le dit tout de suite, si vous n'avez pas vu le film et comptez le voir, FUYEZ tant qu'il en est encore temps : je n'omettrai aucun des détails qui m'ont touchés et vous livrerai la fin.
     
    Si vous vous tatez, allez le voir. Je ne garantie pas que vous fondrez, mais vous risquez au mieux une expérience cinématographique vraiment touchante, au pire une virée de deux heures dans la magnifique montagne du Wyioming (Tourné sur les territoires d'Alberta et du Canada en fait, mais l'histoire se passe dans le Wyioming ...).
     
    L'HISTOIRE EN ELLE-MEME
    1963 - Ennis et Jack, deux cowboys solitaires aux destins plus ou moins difficiles se retrouvent isolés pendant tout un été sur les flancs de Brokeback Moutain.
    Le rapprochement de leurs destins respectifs est assez brutal. Une nuit, alors qu'Ennis, ivre, n'avait pas pu regagner sa tente, une maladresse de Jack les conduit à se retrouver enlacés dans leur sommeil. Réveil brutal et réaction tout aussi brutale ! Un lutte chez chacun d'entre eux entre leur désir irrépressible et leurs doutes et l'effroie provoqué par la découverte de ce désir. Le désir est plus fort, très fort, trop fort peut-être. Presque un viol en fait. Coupable et très intense.
    La fin de leur mission scellera la fin de l'idylle qui s'était installée depuis lors. Ne parvenant à se témoigner leur Amour, ils se témoignent la force de leur sentiment en se battant, refus de la séparation. Tandis que Jack implore du regard son compagnon, Ennis s'effondre et vomit sang et trippes comme pour exorciser son âme de cet amour trop lourd pour lui.
    Chacun repartira ainsi sans se retourner dans sa vie de compromission. Mariage. Naissances. Une vie ordinaire.
    Quatre ans après Brokeback Mountain, Ennis reçoit une invitation de Jack. Une missive qui lui promet des retrouvailles prochaines. Ennis ne tient plus. Impatience et doutes naissent de cette nouvelle. Doutes effacés par leur premier regard. Avec toute la brutalité qui caractérise leur passion mutuelle, ils s'embrassent à bouche éperdue. Ils s'enssèrent. Se recherchent. Ils s'évadent tous les deux. Ils revivent avec toute l'intensité originelle leurs pulsions.
    Vingt ans. Vingt ans durant lesquels la vie de substitution qu'ils subissent est entrecoupée de virées amoureuses et passionnées à deux. Vingt ans durant lesquels Jack, lui a fait un beau mariage, souhaitera vivre au grand jour son amour pour Jack. Vingt ans durant lesquels Ennis refuse l'invitation de Jack et s'enfonce dans la misère causée par sa detrsse affective et sa peur de s'engager dans cet amour inavouable.
    Au bout de vingt ans, l'aveu. Ennis assume aux yeux de Jack et à ses propres yeux son amour pour Jack et s'effondre de désespoir face à son manque de courage.
    Jack meurt. Une accident trouble qui suggère plus un crime homophobe.
    Ennis part sur les traces de son amour pour exaucer ses dernières volontés. Grâce à l'aide compatissante de la mère de Jack, il partira à Brokeback Moutain disperser les cendres de ses regrets dans le berceau de leur Histoire.
     
    L'HISTOIRE A MES YEUX
    Mièvre ? Non. Juste et émouvant. Violent et torturé comme simple et profond. Une très belle hisoitre filmée à coeur ouvert.
    Des longueur ? Non. De la langueur indéniablement. Celle qui peut naitre de vingt ans d'attente d'un amour qui ne sait vivre au grand jour.
    Esthétique ? Pour le moins ... Des paysages somptueux et des acteurs magnifiques au jeu juste et méritant.
    La morale ? Ben quand on a la chance de connaitre l'Amour, même si c'est difficile, même s'il faut prendre sur soit, même si il y a des montagnes à dépasser, il faut se lancer. Il faut se battre et y croire. Il faut le vivre.
    Ennis l'a compris après vingt ans ... A la mort de Jack.
    Le sacrifice est arrivé trop tard, ils sont tous deux passés à côté de leur vie.
     
    NOTE
    1000 sur 20
     
    Si je vous ai convaincu, je vous souhaite une soirée aussi émotionnellement chargée qu'elle l'a été pour moi.
    January 19

    Le Yin et le Yang se confondraient-ils ?

    Bonjour,

     

    Ce billet va être court. Il était long, car je racontais ce qui m'avais poussé à me faire la reflexion dont je voudrais vous faire part, mais je le trouvais subjectif et calomnieux, et même si les personnes concernées ne mériteraient pas plus, ce n'est pas moi qui leur jetterais la pierre : je reste malgrè tout dans le camps des gentils.

    Ce qui m'a fait réagir c'est d'apprendre une injustice. Un truc dégueulasse où, encore une fois, une personne fourbe et malhonnête a pu tirer son épingle du jeu alors que quelqu'un d'autre dans la même situation, a essayé de faire face de façon honnête et valeureuse, et rame toujours pour surmonter.

    C'est vraiment dégueulasse. Je comprends pas ce qu'il faut faire pour s'en sortir dans cette vie biscournue : être sérieux, travailleur et tenace ? Saint et gentil ? Humain et droit ? Et bien non car dès que tu as abattu par ton seul travail et ta volonté une montagne, une autre se dresse devant toi. Et sans perdre courage tu dois t'y remettre. 

    En revanche si tu es fainéant, vénal, mauvais et hypocrite, égoïste et fourbe, toutes les portes s'ouvrent et ta vie est facile. 

    Vous savez des injustices comme ça me font demander une chose : n'avons nous pas choisi la mauvaise voix ?

    Bises

    Un Mathieu bien désenchanté

    January 16

    Des retrouvailles bien appréciées

    Bonjour à tous,
     
    Hier j'ai vu Emmanuel et Stéphane.
     
    Ce sont de vieux amis que je voyais très souvent lorque j'étais marié et fier de l'être. Depuis LA séparation, nous nous sommes très peu vus, à tel point que je pensais que ce petit couple était l'ami du couple que nous formions mais que l'individu que je suis n'avait pas grand intérêt pour notre histoire d'amitié.
     
    Bien sûr j'ai encore fait le débile profond : c'est juste qu'ils ont traversé 1000 péripéties pour se loger et qu'ils avaient de très nombreux chats à fouetter.
     
    Emmanuel et Stéphane forment de très loin le couple gay le plus posé que je connaisse. Ils sont ensemble depuis longtemps, partagent leur vie, viennent d'acheter ensemble, et on voit vraiment que le fait d'être gay n'est pas un problème dans la façon dont ils construisent leur vie commune. Ils sont un couple. Ils vivent à 100 % comme tel.
     
    Laurent et moi étions pareil : on vivait l'un au sein de la famille de l'autre, on avait notre crédit voiture, notre chat et nos projets de salle de bain,  et on retrouvait en Emmanuel et Stéphane un Alter Couple idéal avec qui j'avais beaucoup de plaisir de partager.
     
    Nous allions à la plage, au restaurant, nous dinions très régulièrement les uns chez les autres. Emmanuel et Laurent s'entendaient à merveille sur la mode, l'Esthétique avec un grand E et la finesse  de soi alors que Stéphane et moi motorisions nos conversations formelles et enjouées. J'avais souvent l'impression que nos couples se reflétaient.
     
    Oui mais voilà. Qu'en est-il aujourd'hui ? J'ai eu la réponse hier.
     
    Les revoir tous les deux alors que j'étais seul a été sur les premières minutes un grand pincement. Nous avons marché et Stéphane s'est étonné du fait que j'arrivais à mener de front mon travail et mes études. Il a fallu que je respire un grand coup, que je fasse un effort très intense pour contenir le flot de larme qui envahissait mes yeux, noyait mon coeur et allait faire trembler ma voix. Alors j'ai pu lui dire : "J'ai beaucoup de temps à remplir".
     
    L'absés était crevé : je pouvais maintenant envisager d'établir mes relations avec eux non pas comme partie d'un couple, mais comme Mathieu-Tiou-Myself. J'ai compris que pour eux, cela ne changeait rien.
     
    Ensuite, ils m'ont montré, avec une fierté toute compréhensible, le chantier de leur futur nid, nous nous sommes retrouvé dans leur charmant petit appartement bivouac, qu'ils louent jusquà la fin des travaux, pour faire des crêpes et parler un peu des projets adultes que j'ai dû mettre en suspens et qui abouttissent enfin pour eux.
     
    Emmanuel et Stéphane. Si vous lisez ceci (et sachez que c'est dans votre intérêt ...) je suis très super méga content de l'univers astral d'avoir passé l'après-midi avec vous hier, et ne suis pas du tout disposé à attendre autant de temps pour vous revoir.
     
    Je vous embrasse tous les deux, ainsi que mon lectorat,
     
    Mathieu